Home INFOS INTERNATIONALES L’ONU est-elle encore utile ?

L’ONU est-elle encore utile ?

958

Le 26 juin 1945, cinquante pays signaient la charte de San Francisco consacrant la naissance de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Dès sa création, cette organisation internationale s’est dotée de deux organes de délibération : le Conseil de Sécurité  qui comprend actuellement 15 membres dont 5 permanents  et l’Assemblée générale où tous les pays membres y siègent annuellement. Ce qui constitue un forum universel où toutes les nations, grandes ou petites, peuvent se faire entendre. A l’époque, le monde ravagé par les deux  guerres mondiales, cherchait une solution pour consolider la paix.

Pour son fonctionnement efficace,  le système des Nations Unies  s’est également doté  de sous-organisations pour promouvoir la paix, le développement, la santé et l’éducation. Au plan social l’OMS participe à l’éradication des maladies et à la découverte de nouveaux médicaments. L’UNESCO permet l’accès à l’éducation pour de nombreux analphabètes. La FAO apporte une assistance technique aux PVD pour développer leur agriculture afin d’aboutir à l’autosuffisance alimentaire. Le PAM vient en aide aux populations victimes de famine. Le HCR protège et assiste  de nombreux réfugiés à travers  le monde. L’UNICEF mène des actions en faveur des enfants dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la nutrition et du respect de leurs droits.

Au plan économique, les organismes financiers comme le FMI et la Banque Mondiale  participent à la réalisation de projets de développement dans les pays du tiers-monde. Pour cela, l’ONU recommande aux pays riches d’accorder 1% de leur PIB à l’aide aux PVD.   Au plan politique, l’ONU a mené de nombreuses actions de paix dans le monde. Ses « casques bleus » se sont déjà interposés entre les belligérants et continuent de le faire. Ce sont l’ONUCI, la MINURSO, la FINUL, la MINUSMA, la MINUSCO, etc. L’ONU, faut-il le souligner,  a beaucoup contribué à la décolonisation, notamment  de l’Afrique. En 1960,  son Assemblée Générale  a exigé l’indépendance immédiate de tous les peuples colonisés conformément au principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Toutefois, le système des Nations Unies  montre de plus en plus sérieusement ses  limites. Qu’une minorité, en l’occurrence le conseil de sécurité, impose ses seules vues à la majorité constituée par l’Assemblée Générale, viole toutes les règles de la démocratie. Le doit de véto de cette minorité qui lui  donne des pouvoirs absolus  est en contradiction avec l’égalité de tous les Etats  membres. Ainsi, depuis les années soixante-dix, la France, le Royaume-Uni, la Russie, la Chine et les Etats-Unis demeurent les seuls membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU.

Ces pays  disposent à eux seuls du droit de véto, c’est-à-dire  du véritable pouvoir de décision. L’action de l’ONU se retrouve aujourd’hui assujettie à la volonté politique de quelques  Etats. Et  la décision d’envoyer ou de faire intervenir les « casques bleus » dans un foyer de tension dépend des seuls intérêts de ces grandes puissances.  Aussi, le fonctionnement de l’ONU se retrouve-t-il très  souvent paralysé par l’usage abusif de ce  droit de véto par les puissances rivales.

C’est pourquoi actuellement, la représentativité du Conseil de Sécurité est plus que jamais  critiquée par le Japon, l’Allemagne et l’ensemble des  pays du tiers-monde. Sans compter que  depuis  sa création en 1945, on ne cesse d’assister à la multiplication des conflits dans le monde.

Il s’avère donc que l’utilité  de l’ONU est plus que jamais mitigée.  Car, si le bilan du système des Nations Unies comporte des réussites, il affiche aussi  des faiblesses. Mais en dépit de  ses limites, l’ONU  n’a-t-elle pas  encore le mérite d’exister ?  Si oui, elle  doit forcément entreprendre des reformes afin de  réussir toutes ses missions.  Pour cela, il faudrait  alors rebattre les cartes du Conseil de sécurité, en laissant  plus de place et de pouvoir aux pays émergents et aux pays du Sud.  C’est certainement le seul gage  pour redonner une légitimité à cette gouvernance mondiale.