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Lutte contre la pollution des eaux du fleuve Niger

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Du 18 au 20 septembre dernier, la Coordination nationale des usagers des ressources naturelles du Bassin du Niger (CNU-Mali) en partenariat avec l’Agence des bassins du fleuve Niger (ABFN) a organisé trois jours de rencontre et d’échange avec les groupes-cibles pour une meilleure gestion des eaux usées. Une cinquantaine de participants venant de différentes structures et organisations ont pris part à cette rencontre.

Aujourd’hui, l’eau du fleuve Niger est la principale source d’approvisionnement en eau de plus de deux millions d’habitants de la capitale. La question de la pollution du fleuve Niger est devenue un problème. Pour une meilleure gestion de cette ressource, la CNU et l’ABFN ont initié en 2017 un projet de collecte et de partage continu de l’eau sur la qualité des eaux du fleuve du Niger à Bamako et environs. Pour cela, dès le départ, le projet a impliqué, à travers la CNU, plusieurs groupes-cibles, notamment les pêcheurs, les maraîchers, les extracteurs de gravier et sable, les tanneurs artisanaux et industriels, les abattoirs, les universités et les services techniques intéressés par la question de la pollution de l’eau.

Au démarrage dudit projet, la CNU, avec l’appui technique et financier de l’ABFN, a organisé une rencontre d’information de l’ensemble des usagers, jeunes ruraux, pêcheurs, transporteurs fluviaux, exploitants de sable et gravier, artisans, lavandières professionnelles, orpailleurs.

Après cette phase d’information et de sensibilisation, la CNU a initié cet atelier de trois jours dont l’objectif recherché est d’échanger et de partager avec les groupes-cibles, les résultats des dernières mesures des paramètres de pollution effectuées sur le Fleuve Niger, favoriser une plus grande prise de conscience des groupes-cibles et identifier des actions pertinentes d’utilisation des eaux usées issues des activités de teinture, de tannerie, de maraîchage, d’abattoir et de vidange.

Au cours de la rencontre, les participants ont eu droit à des projections sur la présentation des résultats issus des dernières campagnes de mesure par le laborantin Aly Thiam et, l’identification des actions pertinentes de gestion des eaux usées, par Mme Sy Kady Diallo.

Au terme de l’atelier,  Baba F. N’diaye, agent de l’ABFN, dira que la rencontre sur la problématique de la gestion des eaux usées avec les groupes-cibles a permis d’avoir des pistes de solutions lors des discussions. « Maintenant, il va falloir prendre des décisions. On ne mesure vraiment pas la gravité de la situation alors qu’elle est très critique. Il faut vraiment commencer à sanctionner », a-t-il soutenu.

Quant aux mesures prises sur la gestion des eaux usées, le président du collectif des fédérations qui gère le fleuve en matière de pêche et de pisciculture, Abdoulaye Kontao, a rappelé les actions de sensibilisation. «Compte tenu de l’importance que nous portons au fleuve, car qui dit fleuve, dit pêche, nous avons commencé à sensibiliser les usines qui déversent les produits toxiques dans l’eau. Nous  avons discuté avec les teinturières en leur disant qu’au lieu de déverser leurs produits dans l’eau, il serait mieux de creuser des fosses pour y écouler leurs débris. Beaucoup d’actions sont en cours avec l’accord de l’ABFN qui est notre guide et notre conseiller », a-t-il expliqué.

Bintou Diarra