Home POLITIQUE Gouvernement politique ou de technocrate ?

Gouvernement politique ou de technocrate ?

708

Le premier gouvernement sous l’ère IBK II est connu depuis le dimanche 9 septembre 2018. 32 membres, 24 rescapés, 8 nouvelles têtes, 12 partants, 11 femmes. La montagne a accouché d’une souris, disent certains. Un accouchement difficile après une longue attente, analysent d’autres. A la différence de l’équipe formée le 30 décembre 2017, le nombre de département a diminué passant, de 36 à 32. Cinq départements (collectivités territoriales ; développement local ; promotion des investissements et du secteur privé ; droit de l’homme ; jeunesse et construction citoyenne) disparaissent ou fusionnent avec d’autres. Le nombre de femmes passe de 9 à 11. Depuis son adoption, c’est la première fois que le Président de la République et le Premier ministre respectent la loi n°2015-052 du 18 décembre 2015 instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives  lors de la formation d’un gouvernement.

Le Rassemblement pour le Mali (RPM) perd trois postes. Me Baber Gano, Abderhamane Sylla et Malick Alfousseiny quittent le gouvernement. L’ADEMA-PASJ est sevré d’un département. L’unique ministre de l’UDD en la personne de Tiéman Hubert Coulibaly sort. Sauf erreur, les partis de la Plateforme Ensemble pour le Mali, la coalition ayant porté la candidature d’IBK pour un second mandat sont l’Asma CFP, le Rpm, l’Adema Pasj, l’Um-Rda, le Ps Yeleen Kura et le Miria. Ce dernier cas est à prendre avec beaucoup de précaution même si la nouvelle ministre de la promotion de la femme, de l’enfant de la famille est la fille du Président du Miria. Le Parti Yèlèma de Moussa Mara, non membre de l’EPM, a reconnu dans un communiqué la présence de l’un de ses cadres au sein du gouvernement sans oublier de préciser que le directoire n’a pas été consulté au préalable.

Il n’est pas très évident que les alliés aient été consultés pour le choix de leur représentant au sein de ce gouvernement. Une chose est de former un gouvernement, une autre est de consulter les alliés afin qu’ils puissent choisir leurs représentants.

Cette pratique sème une certaine zizanie dans les formations politiques, lesquelles perdent tout contrôle sur leurs cadres. Nombreux sont les partis qui ont vu leur cohésion, voire leur existence mise à rudes épreuves. La très grande liberté que les chefs de l’Etat ou les premiers ministres s’offrent dans le choix des cadres appartenant aux partis alliés, sape le fondement de ces partis politiques et pousse les responsables à une sorte de prostitution politique.

Il n’est pas exagéré de dire que la formation de cette équipe a été accueillie froidement au sein de la Plateforme EPM. Si certains ne cachent pas leur déception, d’autres crient déjà à la trahison. Ils attendent tous l’après élections législatives pour savoir quelle coloration le Président IBK va donner à l’équipe gouvernementale.

L’équipe SBM II est un gouvernement composé à moitié de personnalités provenant des partis politiques si l’on prend en compte le poste du Premier ministre. Or, le contexte sociopolitique marqué par des manifestations de l’opposition en pourparlers pour la création d’un front milite plus en faveur d’une équipe beaucoup plus politique avec la présence de quelques technocrates. Sans cela, le Président IBK s’expose et expose davantage le pays.