Natasha Hadiza Akpoti, Avocate de formation, a également un M.A. dans le gaz et le pétrole. Ancienne employée de Liquefied, une industrie de gaz naturel à Brass, River State, elle est entrepreneure sociale et réformatrice de “Builders Hub Impact Investment Program” et de “Builders Hub Foundation”, une entreprise sociale axée sur la création d’emplois grâce au renouveau durable des industries locales du Nigeria. Natasha est également une philanthrope qui prend en charge 600 écoliers dans l’État de Kogi et 100 étudiants universitaires à travers le Nigeria. Elle a accordé une interview dans son bureau à Abuja, à la correspondante de The Women’s Torch au Nigéria, Veronica Ogbole.

Qui est Natasha Akpoti ?

Je suis une mère de 3 enfants, mon père est originaire d’Ihema, du gouvernement local d’Okene (Nigéria) et ma mère vient d’Ukraine. Introvertie, je suis attachée à mon espace personnel et je remets continuellement en la vie, le sens profond de l’existence et du service à l’humanité. Je me transforme littéralement quand je parle à un public, l’énergie qui provient du public me transporte. Je me sens connecter à d’autres personnes, parce que je déteste l’injustice. L’une des choses que mon père m’a enseignées et qui est devenue ma nature, c’est la protection des faibles, des personnes vulnérables au sein de la société. En cela, certains pensent que je suis contre le gouvernement.
Dans notre société, les plus forts ne jouent pas leur rôle de protecteurs, c’est pourquoi il y a l’injustice. J’ai pu identifier ce fait lors de mon plaidoyer pour une meilleure société sidérurgique à Abeokuta, au Nigeria. La démocratie n’est pas au service du peuple. Certaines personnes se demandaient si je ne voulais pas faire de la politique. Oprah Winfrey, Bill Gates, Strive Masiyiwa du Zimbabwe sont mes modèles parce qu’ils sont des entrepreneurs sociaux. Ce sont des milliardaires et ils donnent beaucoup de leurs ressources personnelles à la société. C’est ce qui manque au Nigeria. Nous attendons que Bill Gates vienne s’occuper de la polio pour nous. Il y a beaucoup de lacunes entre le développement des populations et l’économie. La seule chose qui me ferait entrer dans la politique, c’est si je vois que le Nigeria devient ce que je veux.

À partir des leçons tirées de mon plaidoyer, j’ai compris qu’il y a une différence entre l’idéologie des leaders et des partisans. Nous ne savons pas qui nous sommes, nous sommes amoureux de nos oppresseurs, ce que j’appelle « Stuck Home Syndrome ». Nous protégeons nos oppresseurs, juste à cause de notre appartenance à la même tribu et à la même religion. Les pasteurs nigérians sont les plus riches du pays, tandis que les gens languissent dans la pauvreté, ne voyons-nous pas ce qui se passe dans d’autres parties du monde ? Nous invitons Beyoncé, Bouncy alors que nous sommes les plus pauvres. Le pouvoir incombe aux gens, mais le vrai problème concerne les gens eux-mêmes. Avant mon plaidoyer, je pensais que c’était avec les leaders, mais c’est comme si 30 personnes gouvernaient plus de 80 millions de personnes.
La vie était difficile, mon père est mort quand je n’avais que 18 ans et, au cours de ma 1ère année d’Université, la vie est devenue difficile, les tuteurs que j’ai abordés pour obtenir de l’aide m’ont encouragée à me prostituer. Ceux qui sont censés protéger et nourrir les jeunes, sont les mêmes personnes qui détruisent l’avenir de la jeunesse.

La vulnérabilité de la femme m’a donné un aperçu. Je suis partie à Lagos pour acheter et vendre des toiles, fabriquer et vendre du Zobo (une boisson locale) avec ma mère et mes petits frères et sœurs, pour gagner de l’argent et nous occuper de la famille. Je n’étais pas attirée par le mode de vie glamour, je n’ai pas regardé les petites affaires futiles des femmes. Et cela jusqu’à maintenant.

Certaines personnes estiment que je devrais vendre du pétrole. Non, je vais plutôt travailler avec les gens. J’aime faire les choses les plus importantes dans la vie. Ce qui m’importe le plus dans la vie, c’est que les gens viennent à moi. Les gens viennent avec de nouvelles opportunités, des idées, la grâce qui les accompagne. C’est une leçon apprise, lorsque vous agissez de tout cœur sans attendre quoi que ce soit en retour, Dieu vous récompense. J’ai eu des choses que l’argent ne peut pas acheter.

Quand j’ai rompu d’avec mon mari, je vivais dans un quartier pour garçons, je raconte mon histoire avec fierté, je n’ai pas honte de ça, quelqu’un peut en apprendre plus. J’ai donc commencé par le fond du bas. Je me suis assise et je me suis dit que j’avais un plus grand appel quelque part, j’avais peur, parce que je savais que je devais me connecter avec ma réalité. Je me suis fixé des objectifs. Dieu a dit que nous devons parler de notre avenir, nous devons définir nos objectifs, clarifier notre vision et notre but, une feuille de route qui sera facile à suivre. J’ai été motivée à suivre mon rêve d’avoir de meilleures choses dans la vie. Nous devons avoir une plus grande vision pour nous-mêmes, j’ai travaillé dur, sans penser aux années où je n’avais pas d’argent, parce que j’avais un objectif et une vision. J’ai fait mon premier pas dans la foi, j’ai défini mon avenir, j’avais mes défis, mais je les ai regardés comme des courbes brumeuses. Aujourd’hui, j’ai ma Fondation, mes propriétés et mes investissements. Faire de l’argent est un art qui n’est pas enseigné à l’école. J’ai lu beaucoup de livres de motivation, le monde ne nous doit rien. A chaque fois, j’ai mis de la peine, ce n’est pas une perte de temps, je veux être un modèle pour mes enfants et j’ai prié, tout en restant concentrée sur mon objectif. Je n’ai jamais été plus confiante et sûre de moi-même qu’en ce moment. Et même si aujourd’hui je mourrais, j’aurais vécu une vie accomplie, parce que j’ai touché des vies, je sens de la satisfaction.

Quelle est votre plus grande réussite ?

Je ne dirais pas un projet, ma plus grande réussite est de vivre ma propre vérité. Parler honnêtement d’une situation est la seule arme. «Celui qui dit la vérité dit tout», j’ai eu le courage de dire la vérité, j’ai rejeté des pots-de-vin, je sens simplement que les Nigérians ont besoin de la vérité. Je n’ai pas encore atteint le plus grand de mes rêves. Aujourd’hui j’adopte 600 enfants dans mon État d’origine, Kogi State. Je paie leurs frais de scolarité, leur fournis du matériel didactique. Je parraine 100 jeunes de l’université à travers le Nigeria. Je soutiens des femmes. J’ai des structures commerciales qui créent des emplois pour les gens. J’offre des séminaires d’entrepreneuriat gratuits pour les étudiants des universités.

D’autres réalisations dont je suis fière sont la construction du Hub Impact Investment – le premier campus d’entreprenariat du Nigéria, sis dans la région du delta du Niger à travers mon Hub de fondation avec le soutien financier de la Commission de développement du delta du Niger (NDDC) et de l’Agence de développement des petites et moyennes entreprises du Nigeria (SMEDAN).

 

Qu’est-ce qui vous motive à faire ce que vous faites ?

Étant petite fille, j’ai nourri l’ambition de faire quelque chose pour améliorer la vie des pauvres. J’ai grandi dans le village, avec mon père, un médecin, formé dans la Russie communiste. Il a rejeté un travail bien rémunéré à Lagos et choisi de travailler dans le village avec les habitants d’Iheme, dans la région d’Okene, État de Kogi, d’où il vient. Avec mon père, j’ai fait la première expérience de travail avec les gens.

En travaillant dans une compagnie de pétrole et de gaz, je me suis réveillée un jour et je me suis dit que je n’étais pas au bon endroit et que cela n’était pas mon but. Donc, j’ai démissionné et j’ai décidé d’entrer dans l’Entrepreneuriat social. Beaucoup de gens se demandaient pourquoi ? C’était étrange et inhabituel au Nigeria. L’Entrepreneur Social travaille à améliorer l’écosystème autour de l’entrepreneur de base. Tout ce qui nous entoure, tout ce qui trace la voie constitue la base de l’entrepreneur social, parce que le gouvernement est insensible, trop loin des gens. L’Entrepreneur Social est le pont pour apporter ce qui est nécessaire, apporter des choses hors de la boîte, comme l’Ajaokuta Steel Industry. Quelle politique, quels conseils peuvent être donnés au gouvernement pour stimuler l’écosystème des plus vulnérables, le plaidoyer pour ramener ce qu’est Ajaokuta, les opportunités, l’emploi, la réduction de la pauvreté, la création d’emplois et la réduction des vices sociaux par l’intermédiaire de la société sidérurgique.

Si l’industrie de l’acier de Ajaokuta est relancée, l’Etat de Kogi serait en mesure de générer de l’argent, les investisseurs, et non le gouvernement vont construire des hôpitaux, d’autres industries seront créées, les industries de l’acier seront la mère de toutes les industries – la construction, l’automobile, l’agriculture, l’équipement, la défense / la sécurité, les munitions, les paquets, les aliments et les ustensiles de cuisine – tant dans de choses une grande industrie. Une fois que l’industrie d’Ajaokuta fonctionne, sauf si vous êtes paresseux, vous obtiendrez quelque chose, ce qui est une façon de stimuler l’écosystème.

En tant que membre de l’organisation Women in Nigeria (WIN), une organisation faîtière regroupant 21 organisations féminines, je me suis rendu compte que les femmes nigérianes sont trop modestes malgré le fait que nous représentons environ 48% de la population. On commence à s’interroger sur le fait que les femmes qui participent au vote au cours des élections, élisent des hommes. Je me suis demandée pourquoi les femmes nigérianes étaient si silencieuses ? J’ai décidé de consacrer mon temps à soutenir celles que je peux soutenir.

Comment avez-vous surmonté les barrières, visibles ou invisibles, pour arriver là où vous êtes aujourd’hui ?

Je vois mes défis comme des progrès lents. De nombreux obstacles auxquels je fais face sont dus au fait que je ne joue pas le jeu que les gens attendent de me voir jouer. Je ne suis pas dans la norme, ni pour mes parrains, ni pour mes relations. Un homme propriétaire de banque m’a dit une fois que je n’avais pas une lignée de renom (je n’étais pas une fille de), parce que je voulais simplement un prêt de 10 millions de naira, je l’ai même supplié pour avoir 5 millions, car en ce temps-là, tout ce que j’avais c’était mes idées. Il a refusé jusqu’à ce que j’aie satisfait à toutes les exigences. Au cours de la même période, la fille d’un ancien président militaire a fait une demande de prêt, ce qui lui a été accordé dans la même banque. J’ai demandé pourquoi, on a répondu : “Elle est la fille d’un ancien président militaire, son père est sa sécurité”.

Je me suis alors dit et j’ai prié que Dieu construise mon nom. Ensuite, j’ai dit que cela ne suffisait pas. Je veux devenir la femme de mes rêves, pour moi et pour d’autres comme moi. J’ai décidé que je voulais être un investisseur responsable, entrepreneur social pour aider à guider l’investissement qui compte. Ce qui aura un plus grand impact pour un plus grand nombre de personnes. Je cherche en toutes choses les impacts, je veux toujours avoir le plus grand impact pour créer de la richesse, de la valeur, des opportunités pour les personnes mal servies. C’est là que se trouve ma joie.

Parfois, je me sens comme si je vivais dans le mauvais pays. Parfois vous avez envie de tout changer. Quelqu’un peut avoir une idée différente pour conduire les gens dans la bonne direction. Pour moi, la valeur n’est pas monétaire. Je veux construire ma richesse entre les mains des gens et pour cela, il n’y a aucun compromis. En tant que mères, nous devrions être des modèles, inculquer des valeurs patriotiques chez nos enfants. Même si j’ai eu beaucoup de compétences et de valeurs dans l’industrie sidérurgique, j’ai été moulée par mon père. Il m’a inculquée tout cela. Le service pour l’humanité est mon fondement.

Quelle est votre plus grande peur ou votre échec ?

Aucun. Je vois la vie différemment et je l’embrasse comme une leçon. Je ne prends pas le fait que je sois restée sans mari comme un échec. Qu’on soit marié ou célibataire, on doit être bon. Tant que l’on vit, on a une nouvelle page pour écrire son histoire. On doit s’assurer dans cette histoire que l’on aime et accepte sa vérité et qu’on enseigne à nos enfants les arts de l’entrepreneuriat à un âge précoce. Je veux aussi réaliser mes rêves assez tôt pour avoir plus de temps pour moi. J’aimerais recommencer à nouveau, mais je sais que je ne suis pas éternelle. Ce n’est pas un homme qui se mettra entre moi et mon projet. Si c’est le cas, cet homme devrait avoir un caractère fort, très fondé sur des principes. Comme l’a déclaré Andrew Carnegie, l’homme d’affaires riche qui a écrit le livre “L’évangile de la richesse”. Le peuple, le processus et le produit doivent être alignés “La plupart des gens ne savent pas comment aligner les trois.

Quels conseils donnez-vous aux jeunes femmes qui veulent devenir des leaders ?

Certes, notre système éducatif n’accorde pas de choix de carrière robustes. Le système a une portée étroite en ce qui concerne les choix de carrière, notre système éducatif doit s’ouvrir et nous devons être à jour. C’est la clé de la demande du futur, du monde en entrant dans la 5ème industrialisation. Pour l’instant, nous devons regarder dans nos forces et nos opportunités, en harmonie avec les compétences actuelles. Les jeunes femmes devraient commencer maintenant, il n’y a jamais de temps idéal, ne rivalisez pas avec personne, chacun a un appel et un cadeau unique, suivez votre propre vérité.

Interview réalisé par Veronica Ogbole / Abuja

Au cœur de la mission des entreprises sociales, il y a l’amélioration du bien-être humain et environnemental. Les entrepreneurs sociaux identifient les problèmes sociaux et trouvent des solutions innovantes aux problèmes. Le secteur est encore en développement et, en tant que tel, il existe des variations dans la définition de la notion d’entreprise sociale. Néanmoins, le fil universel qui traverse toutes les définitions proposées est que les entreprises sociales sont des entreprises qui ont un impact sur la société.
Comme la définition varie, la structure diffère également d’un pays à l’autre. Et, jusqu’à récemment, il n’y a pas eu de législation appropriée pour les entreprises sociales au Nigeria. Légalement, il n’y a pas de forme d’entreprise appelée entreprise sociale. Indépendamment de la structure, le modèle d’entreprise sociale est unique dans sa combinaison d’objectifs financiers et sociaux. Les entreprises sociales peuvent être les véhicules pour accélérer le changement dans l’économie, tout en offrant des emplois et en réduisant l’inégalité des revenus.