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Journée mondiale contre l’esclavage des enfants

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Parallèlement à la journée de lutte pour l’abolition de l’esclavage (2 décembre) ou la commémoration de l’abolition de l’esclavage en France métropolitaine (le 10 mai), on “célèbre” aussi une Journée de lutte contre l’esclavage des enfants.

Cette journée a été instituée en 1995 après la mort d’un jeune pakistanais de 12 ans qui avait tenté de dénoncer les mauvais traitements subis depuis qu’il avait été vendu pour rembourser une dette familiale. Ce n’est pas une coquille, vous avez bien lu “vendu” !

10 % de la main d’œuvre potentielle

Les enfants représenteraient plus de 10% du potentiel de la main-d’œuvre mondiale, c’est dire les enjeux. Les enfants esclaves contribuent chaque année pour plus de 13 milliards d’euros au PIB mondial.

Un instrument de guerre commerciale

L’esclavage des enfants est devenu un instrument de la guerre commerciale planétaire qui voit arriver dans nos linéaires habillements, chaussures de sports et autres objets manufacturés.

Certaines grosses entreprises, diffusant des marques connues dans le monde entier, exploitent des jeunes filles et jeunes garçons dans les pays les plus pauvres. Les enfants constituent ainsi le groupe de travail le plus vulnérable et le moins protégé.

Le phénomène des enfants travailleurs, esclaves, exploités ou vendus est commun à de nombreux pays du Sud du monde mais est également présent en Europe où des milliers de mineurs sont contraints de mendier et de se prostituer. Il s’agit de 5 à 8 millions d’enfants. Dans les 27 Etats membres de l’Union européenne, selon les dernières données d’Eurostat diffusées par le responsable des Droits de l’Enfance de Save The Children, de 2008 à 2010, 23.632 victimes du trafic d’êtres humains ont été identifiés même si elles sont bien plus nombreuses, étant par ailleurs souvent utilisées pour commettre des délits.

En Grande-Bretagne, lorsque les enfants exploités comme mendiants sont vus fréquemment dans une zone, ils sont déplacés dans une autre. En Espagne, ils sont contraints de se prostituer. Outre l’exploitation sexuelle, tout aussi graves sont les conditions des mineurs qui travaillent en dépit des risques pour leur santé physique et mentale. Des exemples de ces situations consistent dans la présence d’enfants dans les mines de charbon au Brésil, dans les carrières de pierre au Bénin, dans les mines de diamant de Sierra Leone ou dans celles de coltan en République Démocratique du Congo. Il ne faut pas oublier non plus les enfants soldats des pays en conflit, ceux qui sont exploités sexuellement ou achetés pour devenir domestiques. A Haïti, plus de 300.000 enfants très pauvres provenant des zones rurales sont vendus par leurs familles dans l’espoir qu’ils puissent ainsi avoir un avenir meilleur mais la réalité est bien différente. Au Cambodge, de nombreux paysans vendent leurs enfants afin de payer des dettes mais les victimes sont à nouveau vendues soit pour travailler soit pour être exploitées sexuellement.

Fort heureusement, d’autres entreprises s’engagent aujourd’hui dans des combats éthiques pour tenter d’éradiquer ce fléau.

Sources : journee-mondiale.com et fides.org