Home OPINION FR Les syndicats à l’épreuve de l’histoire (2ème partie)

Les syndicats à l’épreuve de l’histoire (2ème partie)

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Dans une importante contribution dont nous publions la deuxième partie, le doyen Somita Kéïta fait des rappels historiques sur la lutte syndicale au Mali. Homme de grande conviction, Somita Kéïta, très attaché aux valeurs républicaines et démocratiques, lègue aux générations actuelle et future un travail fouillé sur les syndicats.

8) A partir du 04 septembre 2013

De 2014 à nos jours, il y a eu des avancées significatives dans l’augmentation des salaires et l’amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs. La lettre circulaire n°01/LO/BEN/2015 de l’UNTM ci-dessous adressée à tous les présidents des bureaux exécutifs régionaux, communaux et du district de Bamako en est la confirmation :

On peut faire référence au plan d’urgence social du Président de la République.

On peut se référer aussi au contrôle physique que le Ministère de la Fonction publique a entamé et qui donnera comme résultat la découverte de plusieurs fonctionnaires fictifs. On se bornera ici à en dresser un tableau succinct, de source crédible, pour compléter l’image du résultat de ce contrôle physique. (des mesures ont été prises et il a été procédé à la suspension systématique des agents qui percevaient deux salaires, allant jusqu’au remboursement intégral des sommes indument perçues, à la radiation de tous les cas de décès constatés lors de l’opération de contrôle physique, l’observation stricte du circuit financier lors du rappel à l’activité des agents qui reviennent d’un détachement ou d’une disponibilité et à la suspension des salaires des agents fictifs en abandon de poste et en situation irrégulière).

On peut se référer une fois de plus à la mise en œuvre du contrôle physique qui a permis la maîtrise de la situation des effectifs dans notre administration publique.

Personnel de la fonction publique de l’Etat

Tableau 64 : Répartition du personnel actif de la Fonction Publique de l’Etat selon la catégorie et le sexe en 2016

Tableau 65 : Répartition de l’effectif du personnel actif de la Fonction Publique de l’Etat par région et statut selon la catégorie en 2016

Source : Base de données DNFPP_2016

 C’est ce qu’on appelle une administration maîtrisée au service de la bonne gouvernance. Pour plus de transparence, il a été créé un site dédié aux usagers dénommé « Administration à votre service ». Ce site permettra de lutter contre la corruption, la rétention de l’information et en plus, il facilitera à tous l’accès aux informations de l’administration publique. On peut retenir à cet égard l’excellent extrait des éléments du discours du Premier ministre, à la Journée africaine de la Fonction publique, Edition 2017 : « Elle (l’administration d’Etat) appelle également à une plus grande transparence dans la gestion des affaires publiques afin que les citoyens soient des parties prenantes capables d’interpeler leur gouvernement par rapport à ses engagements. Il s’agit de l’institutionnalisation d’une gouvernance publique responsable ».

On peut également citer la création de plusieurs nouvelles industries et la reprise des activités industrielles de certaines anciennes entreprises d’Etat. Malgré tout, le Mali sous IBK est le théâtre des grèves : grève perlée, grève tournante, grève par roulement, grève politique, grèves illimitées parmi lesquelles la récente grève du SYNTADE, la plus humiliante de l’histoire du syndicalisme malien. Nous nous expliquons : Pour la mémoire du monde du travail au Mali, nous aimons rappeler que le syndicat a toujours été à l’avant-garde du renversement des cours de l’histoire :

1– Après l’éclatement de la Fédération du Mali, dans la nuit du 19 au 20 août 1960 à Dakar, une conférence nationale s’est tenue au cours de laquelle l’UNTM a demandé d’instaurer un régime socialiste avec la création des sociétés et entreprises d’Etat ;

2– Après le coup d’Etat du 19 novembre 1968, c’est l’UNTM qui a demandé le retour à une vie constitutionnelle normale et la création d’un parti politique, le retour à la démocratie, c’est grâce à cela que le J.O a pu paraître sous l’autorité du secrétaire politique de ce parti, Djibril DIALLO ;

3– Après la rencontre du BE de l’UNTM et le Président de la République en 1987, un débat national a pu se tenir entre le Chef d’Etat et toutes les couches sociales. C’est à l’issue de ce débat que la presse privée a pu être créée ;

4– Les 28 et 29 mai 1990, au cours de son Conseil Central Extraordinaire, l’UNTM s’est prononcée pour l’instauration du multipartisme au Mali.

Le syndicat qui a toujours été le fer de lance de la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite au Mali ne saurait aujourd’hui, par grève illimitée, bloquer cette lutte donnant ainsi le quitus à l’impunité. En la matière, quelques témoignages de Ousmane Oumarou Sidibé s’imposent :

1) « On l’oublie peut-être, au-delà de l’opération « taxi », les premières réformes structurelles anticorruption qui ont jeté les bases du contrôle de conformité ont été lancées sous la première République, notamment la création de l’Inspection Générale de l’Administration (IGA) par le décret n°060/PG-RM du 29 mai 1965, qui visait un meilleur contrôle des ressources de l’Etat ».

Cela atteste que le Mali n’est pas né en 2013, il n’y avait pas eu de grève illimitée !

2) « Plus tard, des mesures ont été consolidées par les autorités de la deuxième République, par la création des inspections des départements ministériels et de l’Inspection générale des Affaires Economiques et Financières (IGAEF), qui a pris plus tard le nom de Contrôle Général d’Etat. Mais, c’est certainement l’assimilation de l’enrichissement illicite au crime d’atteinte à la  sureté de l’Etat par la loi n°82-39/AN-RM du 26 mars 1982 et l’adoption d’une « Charte d’orientation nationale et de conduite de la vie publique » qui ont été les mesures les plus significatives prises par les autorités de la deuxième République dans le cadre de la lutte anticorruption ».

Cela atteste que le Mali n’est pas né en 2013, il n’y avait pas eu de grève illimitée !

3) « Malgré sa courte durée, la Transition de 1991-1992 a ajouté sa pierre à l’édifice par l’érection du Contrôle Général d’Etat en département ministériel, et la nomination des directeurs généraux des entreprises publiques suite à des appels à candidature. Ce qui démontre que la lutte contre la corruption était une réelle préoccupation ».

Cela atteste que le Mali n’est pas né en 2013, il n’y avait pas eu de grève illimitée !

4) « De son côté, le Président Alpha Oumar Konaré a initié plusieurs mesures, notamment l’évaluation du programme national anticorruption par la Banque Mondiale, l’adoption de la loi n°01-079 du 20 août 2001 portant révision du Code pénal et se rapportant aux sanctions relatives aux violations du Code des marchés publics, la restructuration et la création de nouvelles inspections ministérielles, la réforme de la procédure de passation des marchés publics et la création des pôles économiques et financières à Kayes, Bamako et Mopti. Cette génération des réformes a vu le renforcement des capacités en ressources humaines des structures de contrôle et l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail ».

Cela atteste que le Mali n’est pas né en 2013, il n’y avait pas eu de grève illimitée !

5) « Le Président Amadou Toumani Touré, de son côté, a procédé à la création du Bureau du Vérificateur Général, à l’adoption des directives visant à renforcer le contrôle préventif et à la tenue des états généraux de lutte contre la corruption et la délinquance financière ».

Cela atteste que le Mali n’est pas né en 2013, il n’y avait pas eu de grève illimitée !

Somita Keïta