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10ème anniversaire de la rentrée littéraire

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L’édition spéciale du 10ème anniversaire de la rentrée littéraire a été officiellement lancée le 20 février 2018 au Musée National de Bamako. Jusqu’au 24 février prochain, une cinquantaine d’auteurs maliens et étrangers, échangeront avec les amoureux du livre sur le thème : «L’humanité est un lien ». D’autres activités se tiendront simultanément à Djenné et à Tombouctou, au nord du pays.

Avec comme invités d’honneur l’artiste ivoirien, Alpha Blondy et l’écrivain guinéen, Thierno Monenimbo, cette rentrée littéraire se veut une grande retrouvaille et une communion dans la famille du livre au Mali. Démarré  le 17 février 2018, l’évènement se tient à la Bibliothèque Nationale, à l’Institut Français, au Musée national, au Palais de la Culture, à l’espace culturel Blonba, au Ciné Bamenba, à la Médina, à la Gare Bla-Bla, à l’Espace culturel Santoro et dans plusieurs universités et lycées du district de Bamako. Ainsi, des tables-rondes, cafés littéraires, hommages, lectures publiques, ateliers d’écriture, conférences-débats et spectacles sont organisés à l’intention du public. La rentrée sera clôturée par une soirée de remise des prix littéraires 2018.

Lors de la cérémonie officielle d’ouverture, le Directeur de la Rentrée, Ibrahima Aya, a précisé qu’en 2008, lors de la première édition, le Mali produisait moins de livres. « C’était pour nous une honte dont il fallait se débarrasser. Dix ans après, nous assistons à un moment de rétrospective, de célébration et de retrouvaille », a-t-il ajouté.

Dans son intervention, l’Ambassadeur de l’Union Européenne au Mali, Alain Holleville, a souligné qu’« En tant qu’espace de mobilisation, de rencontres et de débats, la rentrée littéraire constitue un lieu d’expression structuré et ouvert de la culture, de la société civile et de l’éducation, du savoir, de l’échange, un moment de contact privilégié et de libre expression».

Bâtir un pont entre l’humanité 

Selon Alain Holleville, le lien avec l’extérieur sera également à l’honneur, à travers des « ponts littéraires » établis avec les écrivains, les intellectuels et les artistes de plusieurs pays. « Leur participation traduit, dans le contexte particulier que traverse le Mali, une marque d’amitié, de confiance et de solidarité de la communauté internationale de la culture, mais aussi un encouragement à l’endroit du Mali. En mettant en perspective ce défi, par l’imaginaire et le débat, la rentrée littéraire témoigne aussi d’une volonté de partage et de diffusion de valeurs et de principes, en l’occurrence la production littéraire et l’écriture dans le respect de la diversité, comme vecteurs de compréhension mutuelle et de solidarité agissante »,a-t-il déclaré.

Pour Alain Holleville,  avec ce thème : « L’humanité est un lien », la Rentrée littéraire s’inscrit bien évidemment à sa manière, dans le processus de retour à la paix et de reconstruction en cours au Mali, tout en étant à l’écoute des échos et défis du monde.

Dans son mot d’ouverture, le ministre de la Culture, Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo, a rappelé que les 10 ans d’existence de la Rentrée littéraire ont été marqués par des innovations, des créations, des brassages de rêves à faire tomber la peur et à bâtir un pont entre l’humanité.

Un invité de marque

Dans le cadre des activités de la rentrée littéraire, dont la cérémonie d’ouverture s’est tenue le mardi dernier, le célèbre Reggaeman ivoirien, Alpha Blondy, l’invité de marque de cette rentrée littéraire, a rencontré la presse le lundi 19 février à l’hôtel de l’Amitié.

L’objectif était de dévoiler sa passion pour la lecture et de parler dans la foulée, de son émission ‘’Radio-livre’’ sur Alpha Blondy FM en Côte d’Ivoire. Cette rencontre avec la presse malienne a permis à ce joli parterre de journalistes, de découvrir toute la passion d’Alpha pour la lecture. L’émission ‘’Radio livre‘’ est conçue pour éveiller le goût de la lecture chez les auditeurs. « Tu peux ne pas lire un livre d’Amadou Hampaté Bah, mais quand tu écoutes, c’est comme si, tu l’as lu, donc c’est basé sur la civilisation de l’oral en Afrique. Quand tu lis, tu as le sentiment de te trouver un peu dans la pensée de quelqu’un d’autre. La lecture enrichit l’horizon de vision. Elle te permet de te définir toi-même  et de te situer parce que dans chaque livre, tu découvres un univers, quand tu lis “Les bouts de bois de Dieu” de Sembène Ousmane, tu te sens un peu dans l’époque de la grève », a-t-il expliqué.

Un véritable plaidoyer pour la lecture, au cours duquel, Alpha a invité les africains à s’aimer eux-mêmes. « Si tu ne t’aimes pas, tu ne peux pas aimer ton prochain et tu ne peux pas non plus aimer ton pays. La preuve, les produits des blancs qu’on achète, tout cela, c’est la négation de nous-mêmes, parce que je ne m’aime pas et je n’aime pas ce que j’ai. Donc, le mal est très profond », a dit Alpha Blondy.

Ousmane Ballo