Home ARTS ET CULTURE Journées culturelles du Mandé ou “Mandé Bulonba”

Journées culturelles du Mandé ou “Mandé Bulonba”

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DU 13 au 14 janvier dernier, Bamako a abrité les journées culturelles du Mandé. La cérémonie de lancement s’est tenue le samedi 13 janvier 2018 au Palais des Sports sous la présidence du Président de la République Ibrahim Boubacar Keïta en présence de plusieurs membres du gouvernement, des chefs des institutions,des représentants  du corps diplomatique accrédité au Mali, du président du Grand Forum du Mandé Mamadou Lamine Diarra ainsi que des membres militants et sympathisants du Grand forum.

Ils étaient venus d’un peu partout pour magnifier et partager l’universel, les valeurs  humanitaires soudaniennes édictées à Kurukanfouga comme sceau de l’identité culturelle du Mali.Les journées culturelles du Mandé ou  ‘’Mande Bulonba’’ sont une initiative de l’association le Grand Forum du Mandé qui est un cadre de rencontre et d’échange au service de l’ensemble des communautés et de la nation pour la paix et le progrès afin que la contribution du Mali à la civilisation de l’universel soit des plus précieuses.

Son ambition est de rassembler les ressortissants et sympathisants du Mandé autour des questions d’intérêt commun, promouvoir grâce à sa riche culture le dialogue intercommunautaire comme instrument de paix et de stabilité, de donner au Mandé son lustre d’antan par la préservation et la sauvegarde de ses valeurs fondatrices, conciliées avec les aspirations républicaines du Mali moderne.

Les journées culturelles  du Mandé s’inscrivent dans le cadre de la promotion de la culture et sont l’occasion d’exprimer les talents artistiques dans les domaines des chants et danses.

Le Président du Grand Forum du Mandé Mamadou Lamine,après avoir remercié le président IBK d’avoir accepté de parrainer l’évènement, a présenté les vœux de nouvel an du Grand Forum au peuple malien. Il dira que sur l’initiative et l’exhortation des sages du Mandé, les ressortissants des terroirs manding, défiant tous les préjugés, expriment avec force leur foi dans l’avenir de cet espace ethnoculturel, riche en histoire et en cultures, et ont créé le Grand Forum du Mandé, le 25 mai2017.« Le Grand Forum, sur initiative propre presque prémonitoire, a procédé à l’analyse comparée de la charte de Kurukanfuga avec la Constitution actuelle du Mali, avant de contribuer brillamment au débat du projet de révision constitutionnelle en 2017 ».

Selon le président du GFM, la charte de kurukanfuga, patrimoine culturel  immatériel de l’humanité, est un exemple de thème fédérateur qui invite à interroger sur le passé et à y puiser l’inspiration nécessaire pour une meilleure gestion des crises multidimensionnelles. «Les Maliens en ont à la fois les ressources et la conscience parce qu’héritiers ensemble de ceux qui ont créé et stabilisé les royalismes et les empires et  ceux qui ont aussi eu la vision, de la prospérité sachant bien pourtant qu’ils n’auront pas à la vivre », a-t-il souligné.

Avant d’ajouter que le GFM est loin d’être une association à caractère lucratif ou identitaire. « Mandé Bulonba  fédère toutes les associations du Mandé qui gardent leur autonomie de gestion et de pensée mais œuvrent toutes pour les progrès économique, social et culturel à l’intérieur  d’un Mali uni », affirme-t-il. Il a adressé ses remerciements à tous ceux qui ont associé leur image à l’évènement, notamment l’Entreprise Générale Konaté (EGK), Toguna Agro-Industrie, l’ONG ASSO+ et le Grand Distributeur des Céréales du Mali (GDCM).

‘’Organiser cette cérémonie aujourd’hui est un devoir et une obligation au regard de la réalité de ce pays’’

Le ministre du Culte et des Affaires Religieuses, Thierno Hass Diallo, venu représenter son homologue et marraine de la cérémonie, N’Diaye Ramatoulaye Diallo, dans son intervention, a souligné qu’organiser cette cérémonie aujourd’hui, est un devoir et une obligation au regard de la réalité actuelle du pays. Il ajoute que la charte de Kurukanfugaa été élaborée sous la présidence  du Roi Banzani, donc, propriété de l’ensemble des communautés et des chefs traditionnels qui ont rejoint le Kurukanfuga. « Le Mandé, c’est dakadjala, le Mandé c’est le pays des frères dogons, c’est la mosquée de Djingareber construite à 200 Kilos d’or, le Mandé c’est le peuple métissé, le peuple touareg et  arabes de Tombouctou. Le Mandé d’hier c’était le Prince Keïta et le Mandé d’aujourd’hui c’est vous. Monsieur le Président de la République, la charte du Mandé veille sur la patrie, et vous êtes un patriote, fou du Mali », dira-il, invitant les griots du Mandé à être des griots comme Balla Fasséké Kouyaté, Morikidjan Diabaté, Kèlemonzon Diabaté. « Soyez des Niamakalas  constructeurs de la dignité et de la loyauté, c’est ce que le président attend de vous »,a-t-il  conclu.

Le Président IBK, de son coté, expliquera que le forum du manding est une heureuse initiative de création de ce grand espace de dialogue, de réflexion.« Chacun dans ce pays doit pouvoir se retrouver et convenir de son apport  à ce qui se pose aujourd’hui comme défi nouveau à l’aune des valeurs culturelles », a déclaré le Chef de l’État  procédant à la remise symbolique de l’attestation à Moussa El Hadj Kaita, représentant des récipiendaires au nom du GFM.

Notons que les griots et griottes du mandé conduits par la grande cantatrice Kandia Kouyaté, étaient au rendez-vous pour agrémenter la cérémonie.

 

Coulisses

Les autorités administratives de la commune rurale du Mandé ont toutes répondu à l’appel

Les maires et élus locaux de la commune rurale du Mandé étaient tous présents à la cérémonie d’ouverture.Ces autorités administratives ont magnifié par leur présence, cette journée qui devrait permettre au Mandé de lier ses fils pour l’éclosion d’une société de vertus et bâtir une nation prospère et forte.

Des hommages rendus aux illustres griots disparus du Mandé

Par devoir de mémoire, des hommages ont été rendus  à toutes celles et à tous ceux qui furent les porte-étendards de la culture du Mandé et qui ont tiré leur révérence. Il s’agit entre autres de Syramory Diabaté de Kella, Baladjimba Diakité de Bala, Bako Dagnon, Wa kamissoko, Batrou Sekou Kouyaté et Kèlèmonzon Diabaté.

L’hymne national exécuté par les instruments traditionnels

Ils sont venus de Kita et ont émerveillé le public en exécutant en version traditionnelle l’hymne national du Mali.Vêtus de l’uniforme vert, jaune et rouge, ils ont joué l’hymne sous le rythme synchronisé du djembé, du tamani, du balafon et d’autres instruments traditionnels.Toute la salle a acclamé cette belle interprétation de l’hymne par ces jeunes venus de la capitale de l’arachide, qui n’a rien à envier à la version exécutée par la Fanfare nationale.

La restauration était à la hauteur de l’évènement

Pendant ces deux jours, la restauration était assurée par ‘’Tata Service’’. Cette entreprise spécialisée dans la restauration n’a ménagé aucun effort pour être à la hauteur des attentes. Des plats copieux mijotés aux recettes alimentaires mandings ont été servis tout le long de l’évènement. Selon les témoignages des participants, la restauration était au top.

Le Challenger