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Mme Diaby Makoro Camara, Directrice de Publication du journal KABAKO

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Mme Diaby Makoro Camara incarne la force tranquille pour les uns, le modèle à suivre pour les autres. Elle est sans nul doute une battante et une véritable amazone dans la presse malienne et africaine. Secrétaire à la communication de l’Association des Professionnelles Africaines de la Communication (APAC-Mali) et Trésorière Générale de la Maison de la Presse, Makoro était la promotrice du journal féminin “Wassa” et la rédactrice en chef de “Sira” qu’elle animait avec son amie, Mme Fatoumata Maïga, la Directrice de Publication. Dans le monde de la presse au Mali, le nom de Makoro se mêle au courage, au sérieux et à la rigueur dans la gestion d’entreprise. De la presse, Makoro a tenté ses chances dans le monde des affaires en créant sa propre société d’impression. Ce coup d’essai fut pour elle un coup de maître grâce au sérieux et au sens des affaires qui la caractérisent. Elle est aujourd’hui à la tête de l’une des imprimeries les plus performantes de la capitale malienne, Hippo Impression, qu’elle gère en même temps que la Radio Oxygène et le premier hebdomadaire malien  des faits divers, Kabako.

 

  1. Qui est Mme Diaby Makoro Camara ?

Je suis la Directrice de Publication du journal KABAKO, Promotrice de la Radio Oxygène et Directrice de l’Imprimerie Hippo Impression. J’évolue dans le secteur privé depuis bientôt 30 ans.

Détentrice d’un Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) en journalisme, obtenu en 1986 à l’université d’Etat de Biélorussie (ex-URSS), après des stages et bénévolats dans des entreprises privées de la place telles que la Société d’Initiative Togolaise Aigles (SINITECTOA) évoluant dans le domaine de la télécommunication, je suis restée dans le secteur privé avec en toile de fond la communication.

  1. Quelle est votre motivation dans ce que vous faites ?

Ma motivation première dans ce que je fais réside dans ma propension à rendre service à ceux qui m’entourent : ma famille, mes amis et ces milliers de jeunes diplômés sans emplois à qui aucune opportunité n’est offerte pour faire prévaloir leur savoir-faire. Je suis fière de pouvoir contribuer à résorber, un tant soit peu, le taux de chômage au Mali. Ma contribution dans l’émergence de la presse au Mali et le modeste soutien que j’apporte aux organes de presse malienne, sont pour moi une plus grande satisfaction. Car, la presse au Mali mérite d’être soutenue.

 

  1. Quelle est votre plus grande réussite ?

Je considère la création de mon premier journal, Kabako, sur fonds propres, en 1991 comme ma plus grande réussite. A l’avènement de la démocratie au Mali, il n’était pas évident de se lancer dans une entreprise de presse basée sur des faits divers. Kabako a connu des moments difficiles mais aussi des moments de gloire. Il s’est frayé un chemin. Aujourd’hui, ce journal de faits divers est devenu la référence dans son domaine au Mali. Il a été suivi de la mise en place de l’Imprimerie Hippo Impression (dont le premier nom était Soro Print Color) et de la Radio Oxygène.

Dans ces trois entreprises, j’emploie une vingtaine de personnes : professionnels de la communication (journalistes, pigistes, animateurs), infographes, conducteurs de machines offset, comptables et tout le personnel nécessaire aux activités des trois sociétés.

  1. Quel est votre plus grand échec ou votre peur ?

La plus grande peur que j’ai toujours eue dans mon travail, c’est de rendre une œuvre incomplète ou mal conçue au client qui a placé sa confiance en moi. Ce sentiment qui m’anime constamment  m’oblige à me surpasser, à avoir toujours l’œil sur le produit depuis sa conception jusqu’à sa livraison.

  1. Comment avez-vous surmonté les obstacles visibles ou invisibles pour arriver là où vous êtes aujourd’hui ?

Notre société ne fait aucun cadeau à la femme. Elle est vue comme la gardienne de la famille et on ne tolère pas qu’elle veuille sortir de ce rôle et se frotter aux hommes dans le monde des affaires et de l’entrepreneuriat. Cela demande de la part de la femme le maximum d’effort pour se hisser au même niveau que les hommes et de la rigueur pour imposer du respect pour sa personne.

Pour surmonter cet obstacle majeur qui prend sa source dans nos coutumes et traditions africaines, j’ai dû redoubler d’efforts tant sur le plan professionnel que familial. J’ai surtout bénéficié de la compréhension et du soutien de ma famille, de mes amis et même de mes collaborateurs.

  1. Quels conseils donnez-vous aux jeunes femmes qui aspirent à devenir des leaders ?

A la jeune génération, je demande d’accepter de mettre la main à la pâte. Les débuts d’une entreprise privée ne sont jamais faciles. Je vous avoue qu’il arrive des moments où on  n’y croit plus et on a envie de tout laisser tomber. En le faisant, on passe à côté de beaucoup d’opportunités, il faut au contraire persévérer et s’armer de courage et de détermination, il faut y croire, et je vous promets que le succès sera toujours au rendez-vous. Après toute nuit noire, la lueur du jour poindra. Surtout en  ces temps-ci, où la vie n’offre plus de cadeau, seule la compétence paie.  Alors, à la génération, bon courage !