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Stop à l’intimidation à l’école

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Ce 2 octobre 2017, au moment où le monde célèbre la Journée Internationale de la non-violence en commémoration de l’anniversaire de Mahatma Gandhi, chef du mouvement de l’indépendance indienne et pionnier de la philosophie et de la stratégie de non-violence, The Women’s Torch souhaiterait mettre en exergue une forme grave de violence qui est perpétrée dans les écoles et qui n’est généralement pas connue et, reste impunie.

Le but de la journée étant de se concentrer sur le principe de la non-violence comme moyen d’opérer un changement social ou politique, nous estimons à The Women’s Torch que les comportements violents auxquels on assiste dans les écoles et les maisons donneront indubitablement naissance à des adultes violents qui utiliseront la violence physique pour atteindre leurs objectifs et imposer le changement qu’ils souhaitent.

Une telle violence est observée partout dans le monde lorsque les manifestations et les protestations deviennent violentes. Ce qui entraîne la mort de manifestants violents ou non violents et des activités terroristes accrues dans le monde entier. De nos jours, il n’y a pas d’endroit sûr car les individus et groupes d’individus violents utilisent des moyens violents pour faire passer leur message.

Un outil important pour créer des sociétés non violentes, c’est la promotion d’une culture de comportements non violents dans les écoles et les maisons. L’intimidation, une forme de violence physique ou mentale, se produit quotidiennement dans les écoles. Elle a de graves conséquences sur l’enfant qui en est victime. L’intimidation comprend les notions de « répétition, de nuisance et de pouvoir inégal » et comprend un large éventail d’actions, y compris des insultes, des fausses accusations visant à créer des problèmes pour la victime avec des personnes autorisées, à endommager ou voler ses effets personnels, à la menacer et même par le biais du téléphone mobile et d’Internet. Il est difficile de définir et de mesurer les actes d’intimidation, mais ils se produisent néanmoins et constituent un problème qui mérite d’être souligné.

En 2010, une étude intitulée «Trop souvent dans le silence» réalisée par l’UNICEF, Plan Afrique de l’Ouest, Save the Children, Suède, Afrique de l’Ouest et Action Aid, montrait la prévalence de la pratique dans les écoles de l’Afrique de l’Ouest. Les enfants du Togo, du Burkina Faso et du Bénin se sont plaints d’avoir ont été intimidés ou d’être victimes d’intimidation à plusieurs reprises par un ou plusieurs autres élèves.

Au Ghana, 62% des filles âgées de 11 et 12 ans dans les écoles secondaires ont déclaré avoir eu des problèmes d’intimidation à l’école. L’enquête mondiale sur la santé des étudiants de l’Organisation Mondiale de la Santé (2003-5) a révélé des chiffres similaires pour les garçons au Ghana, dont environ 60% déclarent avoir été victimes d’intimidation. Au Bénin, 92% des élèves ont déclaré avoir eu des problèmes d’intimidation au sein de leur propre groupe de la part d’enseignants et d’élèves.

Dans tous les milieux africains où des questions ont été posées sur l’intimidation, l’enquête mondiale sur la santé basée sur les écoles a révélé que le personnel de l’éducation et les étudiants peuvent être responsables de la violence psychologique ou de l’intimidation des élèves.

Beaucoup de parents et d’enseignants n’en sont pas conscients surtout, car dans de nombreux cas, la victime a trop peur de signaler l’incident. Ce qui entraîne l’augmentation du taux d’abandon de l’école par les enfants, une baisse de performance en classe, le développement de comportements émotionnels et, dans le pire des cas, des suicides et /ou des meurtres. L’intimidation se produit en toute impunité dans de nombreux cas, car les auteurs ne sont jamais inquiétés.

Beaucoup de victimes ne se reconnaissent pas non plus à leur apparence. Récemment, dans une école au Mali, un garçon champion sportif était intimidé par un groupe de garçons. Il n’a jamais combattu, n’a jamais signalé l’affaire et c’est grâce à un enseignant observateur que le cas d’intimidation a été signalé aux parents et à l’école. L’enfant avait déjà commencé à développer des comportements antisociaux à la maison et était puni sans que ses parents ne sachent qu’il était en difficulté émotionnelle.

Alors que nous essayons de comprendre la question de l’intimidation, plusieurs autres questions devraient être prises en considération, notamment : pourquoi l’intimidation se produit-elle ? Quels sont ses effets et quelles mesures les écoles peuvent-elles prendre pour l’arrêter ?
Étant donné que de nombreux cas d’intimidation comprennent des actions violentes visant à créer de la peur, de l’humiliation, du dénigrement ou de la maltraitance, elle peut entraîner le syndrome du stress post-traumatique. De nombreux chercheurs, éducateurs et psychologues ont des théories sur la raison pour laquelle l’intimidation se produit, et l’explication la plus partagée est qu’elle a un lien avec le pouvoir et le contrôle.

Les études montrent également qu’un enfant qui a été agressé à maintes reprises sur le terrain de jeu peut présenter des comportements d’opposition en classe ou peut faire un travail incomplet uniquement pour être sûr de rester en classe tandis que les autres élèves sont dans la cour.

Malheureusement, dans de nombreux cas, les responsables scolaires traitent les incidents liés à d’intimidation trop tard. Au moment où ils interviennent, les dommages psychologiques et la douleur sont presque irréversibles. Ces dommages affectent non seulement le coupable de l’intimidation et sa (ses) cible (s), mais affectent également les spectateurs.

La question de l’intimidation doit être abordée rapidement. Les conséquences devraient inclure des recommandations faites aux coupables d’intimidation et impliquer ses parents. Comme on l’a noté précédemment, de nombreux coupables d’intimidation sont eux-mêmes victimes d’énormes difficultés. Et ils déplacent ainsi leur peine sur d’autres.

Les directions des écoles devraient également effectuer des entretiens réfléchis avec les élèves  coupables d’intimidation en les mettant dans la peau de leurs victimes et en leur demandant d’imaginer la manière dont leurs actions ont touché leurs victimes.

Les victimes doivent être encouragées à signaler les actes d’intimidation. Les dirigeants scolaires et ceux des structures qui soutiennent les enfants devraient être vigilants pour envoyer un message clair selon lequel l’intimidation n’est pas tolérée.