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Cameroun : pétition contre les violences aux femmes dans les monocultures d’arbres

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La branche camerounaise du Réseau des acteurs du développement durable (RADD) a lancé à Yaoundé une pétition contre les violences faites aux femmes dans les monocultures d’arbres, a constaté APA sur place. La cérémonie, tenue mercredi sous l’égide du ministère de la Protection de la femme et de la famille, a été ponctuée de témoignages des riveraines des monocultures du palmier à huile, d’un débat et de la présentation du livret sur le palmier à huile traditionnel.

Les Camerounaises se sont ainsi jointes à leurs congénères d’Afrique occidentale et centrale, toutes affectées par l’expansion des plantations industrielles en monoculture, particulièrement les plantations de palmier à huile. Elles constatent que les agro-industries entretiennent un système de paupérisation des communautés vivant à l’intérieur ou autour de ces unités et que les femmes, cheville-ouvrières de la cellule familiale, sont les plus affectées. Les terres où ces paysannes ont toujours produit des aliments pour nourrir leur famille et la communauté leur sont arrachées, les rendant incapables de subvenir aux besoins en aliments et ce, alors que la pression de la famine repose sur elles.

A travers sa pétition, le RADD exige le respect des droits des femmes à l’intérieur et autour des grandes plantations des monocultures agricoles, les terres devant leur être rétrocédées afin de pouvoir continuer à jouir de leurs droits coutumiers d’usage pour leurs activités de production. Cette rétrocession devrait aussi leur permettre d’assurer la sécurité et la souveraineté alimentaire de leurs communautés, la stabilité et l’épanouissement de leurs familles, la paix et le développement de leurs régions d’origine.

Pour le RADD, non seulement «les femmes doivent décider de l’utilisation de leurs terres», mais surtout, à travers leurs signatures, toutes les violences par elles subies doivent cesser. «Nous défendons les familles détruites par la famine, les conflits, l’exclusion, le vol, les viols, les maladies et la mort du fait de l’accaparement de leurs terres par les grandes compagnies nationales et multinationales », peut-on lire dans cet appel qui invite également les Etats à protéger les populations et les exploitants à respecter les lois des pays et la vie des populations.

Source : Journal du Cameroun.com