Home ARCHIVES_FR La charité commence chez soi

La charité commence chez soi

517
Photo / ONU O. Monsen : Photo : La défunte Mère Thérèsa de l'Inde, dans l'un de ses centres d'alimentation à Calcutta.

Le 5 septembre, est célébrée la Journée Internationale de la Charité, instituée par l’ONU dans le but de sensibiliser et de mobiliser les individus, ONG et parties prenantes du monde entier à aider les plus démunis dans le cadre des activités bénévoles et philanthropiques.

En reconnaissance de l’importance de la charité dans l’atténuation des crises humanitaires et des souffrances humaines au sein des nations et entre les nations, ainsi que des efforts des organismes de bienfaisance et des individus, y compris le travail de Mère Teresa, l’assemblée générale des Nations-Unies a choisi de commémorer le 5 septembre 1997, l’anniversaire du décès de Mère Teresa, fondatrice de l’Ordre des Missionnaires de la Charité à Calcutta et récipiendaire du Prix Nobel de la Paix en 1979 “pour le travail entrepris dans la lutte pour surmonter la pauvreté et la détresse, qui constituent également une menace pour la paix.”

En tant que chrétiens et musulmans, on nous apprend que la charité et l’investissement pour les pauvres et les nécessiteux nous incombent, quel que soit notre statut socioéconomique. Ce ne sont pas seulement les riches qui doivent être charitables, les pauvres peuvent également l’être.

The Women’s Torch a choisi les enseignements de ces deux religions qui sont majoritairement pratiquées en Afrique de l’Ouest pour souligner que, faire un acte de charité n’est pas seulement obligatoire pour les riches mais aussi pour les pauvres. Les pauvres doivent comprendre que le manque de moyens ne signifie pas qu’on ne peut pas étendre sa charité à l’autre. On peut manquer d’argent, de nourriture ou de biens matériels à donner, mais on a le don de son travail, son temps ou son amitié qu’on peut offrir aux autres. En Afrique de l’Ouest, nous avons développé la mentalité que les pauvres n’ont rien à donner, ils ont un désespoir et une impuissance dans la mesure où ils ont créé un syndrome de dépendance qui a dominé de façon écrasante notre vie et celle de nos nations. Avec un bol de mendicité en main, nos peuples et nos nations demandent constamment de la charité en attendant que d’autres prennent soin d’eux et se complaisent dans l’idée que nous ne devrions rien donner en retour.

L’existence d’innombrables Africains de l’Ouest, pauvres, affamés et démunis dont les histoires dominent les médias, souligne la nécessité de mettre en pratique cette doctrine religieuse essentielle. Les Ouest-africains riches devraient investir leurs richesses dans le renforcement de nos pays au lieu d’investir des fonds dans des banques étrangères. Les pauvres ouest-africains, d’autre part, devraient arrêter de voir les riches comme des personnes impitoyables et user de tous les stratagèmes pour leur soutirer quelque chose. Les différentes perceptions de l’autre ont conduit à une polarisation de la société qui est malsaine et qui doit impérativement changer pour le bien de tous.

Faire correctement acte de charité est donc crucial pour le bien-être des nécessiteux ainsi que pour la sécurité des riches. La charité sert de moyen de rendre la justice, l’équilibre et la gentillesse à toutes les sociétés et à toutes les communautés et contribuer à éliminer la pauvreté partout dans le monde. Le sacrifice personnel de donner ses biens, quel que soit le niveau, ou de donner du temps ou de l’énergie est le véritable test de compassion d’une personne ou d’une nation.

Il est important de rappeler aux lecteurs que le Christianisme et l’Islam enseignent que ce qui est donné aux pauvres est un « prêt » à Dieu. Dans Proverbes 19:17 on peut lire : «Celui qui est gentil avec le pauvre prête au Seigneur et sera remboursé en entier». Matthieu 25:40 dit : «Quoi que vous fassiez pour le plus petit  de vos frères et sœurs, vous l’avez fait pour moi.» Ces deux citations témoignent du fait qu’aider les pauvres et les nécessiteux est un enseignement cohérent dans l’Ancien et le Nouveau Testament.

Le Saint Coran 2: 245 enseigne que: “Qui est-ce qui ferait à Allah un bon prêt, afin qu’il puisse le multiplier à plusieurs reprises ? Et c’est Allah qui retient et accueille l’abondance, et à Lui, vous serez retourné”. La “Zakat”, le troisième pilier de l’Islam est une charité obligatoire. C’est un pourcentage spécifique et standardisé de la richesse supplémentaire qui doit être donné aux pauvres et aux personnes dans le besoin.

Il y a aussi le “Sadaqa”, une forme volontaire de charité, imposé aux musulmans et qui peut être donné à n’importe qui. Le “Sadaqa” se donne sous plusieurs formes, n’importe où et à tout moment. Il est toutefois reconnu que mieux vaut donner que de recevoir. Selon les enseignements islamiques : « La main qui est au-dessus est meilleure à la main d’en bas ».  L’autosuffisance est beaucoup mieux que la dépendance.

Au fur et à mesure que les populations de l’Afrique de l’Ouest augmentent, les gouvernements ont du mal à obtenir les ressources nécessaires pour développer leurs pays. Cela est encore plus exacerbé par l’agacement des donateurs. Il n’y a tout simplement plus suffisamment de ressources mondiales pour atténuer la pauvreté dans le monde entier et, en même temps, développer les installations et les services des établissements humains. La participation communautaire et l’autosuffisance sont devenues des questions de survie.

La contraction de la dépendance des individus et des communautés et la nécessité de les rendre autonomes et indépendants devraient être l’objectif de chacun. L’Agenda 2030 des Nations-Unies sur le développement durable appelle à une solidarité mondiale renforcée, axée en particulier sur les besoins des plus démunis et des plus vulnérables et fournit un cadre pour les institutions philanthropiques afin de permettre à tous de contribuer à l’amélioration de notre monde sous l’Agenda 2030 du développement durable.

Comme on le dit souvent en Afrique de l’Ouest : Aide-toi, le ciel t’aidera ! A l’occasion de cette Journée Internationale de la Charité, The Women’s Torch appelle tous les Ouest-Africains, particulièrement les femmes, à adhérer aux notions de bénévolat et de philanthropie afin de promouvoir le lien social et de contribuer à une Afrique de l’Ouest inclusive, résiliente et juste.