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Mme Mama Koité Doumbia, Présidente de la Plateforme des Femmes Leaders du Mali

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Représentante Afrique au conseil d’administration de Trust Funds pour les victimes de la CPI, Présidente de la Plateforme des femmes leaders du Mali, membre du Groupe consultatif ONU Femmes Afrique de l’Ouest et du Centre, membre du Réseau francophone égalité  femmes/hommes, Mme Doumbia Mama Koité est incontestablement l’une des femmes qui portent haut le flambeau du Mali.

 Sa riche carrière associative et syndicale et les nombreuses conférences internationales auxquelles elle a pris part, lui ont valu les reconnaissances honorifiques des autorités nationales et internationales. Sur le plan national, Mme Doumbia a une Médaille nationale du Mali avec effigie Abeille et est Chevalier de l’Ordre national du Mali. A l’international, elle a été nominée Prix Nobel de la Paix Edition 1000 Femmes du Monde (Suisse), a reçu le prix Gender Awards 2011 à Dakar, le Prix International Minerva (Italie) en 2007 et la distinction de Chevalier du mérite Africain (Addis Abeba) en 2007.

Très structurée dans sa vie professionnelle et dotée d’une excellente force de proposition et d’un leadership sans pareil, Mme Doumbia a apporté sa touche à la Plateforme des Femmes Leaders du Mali depuis son accession à sa présidence.

Sans doute, cette grande dame fait la fierté du Mali en Afrique et dans le reste du monde !

 

Qui est Mme Mama Koité Doumbia ?

Je suis Mama Koité, épouse Doumbia. Je suis enseignante, éducatrice et activiste. J’ai été Professeur d’Histoire et Géographie puis Inspectrice de la Jeunesse et des Sports au Ministère de la Jeunesse  et des Sports. J’ai milité dans le syndicat et la vie associative. J’ai fait 35 ans de syndicalisme et plus de 25 ans de lutte pour les droits des femmes et des filles au Mali, en Afrique et dans le monde.

 Quelle est votre motivation dans ce que vous faites ?

D’abord dans le syndicat,  ma motivation était  de lutter pour la justice  sociale et de défendre les intérêts des  travailleurs et des populations pour un monde plus juste et équitable.

 Dans la défense pour la promotion et la protection des droits des femmes et des filles, je suis motivée pour mettre fin à toutes ces discriminations qui pèsent sur l’émancipation de la femme et de la fille et les remettre dans leurs droits.

 Quelle est votre plus grande réussite ?

Dans le syndicat, j’ai contribué à donner au syndicat la place qu’il occupe aujourd’hui, c’est-à-dire un partenaire du dialogue social, respecté et, avec mes collègues, nous avons travaillé à améliorer de façon considérable le niveau de vie et les conditions de travail des travailleurs et travailleuses pour qui nous nous battons.

Dans mon combat pour les droits des femmes et des filles, j’ai beaucoup contribué à donner  de la visibilité et une voix à la femme africaine sur le continent et sur la scène Internationale. J’ai fortement participé à la construction du leadership des femmes et des jeunes.

 

Comment avez-vous surmonté les obstacles visibles ou invisibles pour arriver là où vous êtes aujourd’hui ?

 Les obstacles ont été multiples et difficilement surmontés. Dans ma vie familiale, il était très difficile de concilier la vie de couple qui implique le ménage, les soins et l’éducation des enfants, et le travail, les actions sociales et les activités syndicales et associatives.

J’ai créé la confiance et  cultivé la bonne communication avec mon mari et mes collègues. J’ai très tôt responsabilisé mes enfants.

J’ai travaillé à donner une image positive de la femme à travers mon comportement physique et moral, mon courage et ma détermination à produire des résultats. Je respecte ma parole donnée. J’écoute et accepte de partager.

Je  cultive des valeurs  sociétales positives. Je construis des alliances avec les hommes et les jeunes filles et garçons.

Tout au long de ma vie, je continue de me cultiver pour améliorer mon niveau intellectuel  afin d’être en phase avec l’évolution du monde.  Le leadership ne se décrète pas, il se construit, se façonne.

 Quel est votre plus grand échec ou votre peur ?

En tant qu’activiste,  la fronde des Islamistes au Mali ont perturbé ma vie à un moment donné. Ce ne fut pas un échec mais,  ma détermination a failli faire éclater ma vie familiale. L’élan de solidarité m’a confortée.

 La menace islamiste plane toujours, compte tenu de l’environnement sociopolitique, mais je reste déterminée dans mon combat pour les droits des femmes et des filles.

 Mon pays a ratifié plusieurs instruments juridiques, ce n’est pas « pour les mettre dans les tiroirs » mais pour les appliquer pour le bonheur des femmes et des filles.

Quels conseils donnez-vous aux jeunes femmes qui aspirent à devenir des leaders ?

  • Il faut que les femmes travaillent davantage à construire la solidarité entre elles.
  • Que les femmes se forment en faisant de bonnes études et qu’elles s’informent.
  • Il faut qu’elles renoncent à la vie facile et se construisent une image positive au milieu des hommes
  • Que les jeunes fassent de bonnes études et conservent les valeurs  morales positives de nos sociétés.
  • Les jeunes doivent cesser de servir « d’escaliers » aux dirigeants pour leur permettre d’accéder au pouvoir et les laisser à la rade sans redevabilité.