Home DROITS Violées, tabassées, humiliées… le Maroc impuissant à protéger ses femmes

Violées, tabassées, humiliées… le Maroc impuissant à protéger ses femmes

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Les marches pour dénoncer la violence contre les femmes se multiplient. Les victimes mettent souvent beaucoup de temps avant de briser le silence

Il y a eu l’affaire Amina Filali, celle de cette jeune femme d’à peine 15 ans, originaire de Larache, qui s’était donné la mort en mars dernier, après avoir été mariée de force à son violeur. L’histoire avait ému l’opinion publique nationale et internationale et secoué la société civile. ll y a toutes les autres Amina, qui vivent, ont vécu, des drames sans doute moins médiatisés, mais qui sont révélateurs de la violence contre les femmes sous toutes ses formes. A SOS Annajda de Rabat, Centre d’écoute et d’orientation juridique pour les femmes victimes de violence, c’est la voix de Naciba Benchekroun, qui console et propose une protection à ces proies faciles. «Nous faisons tout pour les mettre en confiance. Ces femmes viennent dans nos locaux pour oublier, surmonter les souffrances et avec l’espoir de relever enfin la tête. En plus de l’écoute, nous les assistons juridiquement», souligne cette jeune militante.

Chaque jour, Naciba reçoit une dizaine de femmes perdues et traumatisées par le calvaire enduré. Parmi elles, Saïda qui a souhaité rester anonyme pour se protéger, elle qui se sent fragilisée, sans la moindre protection après un excès de confiance en soi et en son environnement. A 37 ans, cette femme est déjà meurtrie. Pour elle, la violence n’est pas un mot, mais une réalité vécue dans sa chair. «Mon mari m’a battue pendant 16 ans. Vous vous rendez compte de ce que représentent 16 ans de supplice ? Au début, cela a commencé par des insultes, des objets cassés, des crises de nerfs… Puis, j’ai reçu ma première claque sans aucune raison. Bref, il me dénigrait et me frappait pour un oui ou pour un non», racontait Saïda, la gorge nouée, les yeux embués. Ce jour-là, cette femme a eu le nez fracturé… l’un des multiples cas d’agression conjugale sur lesquels l’association prend position. C’est une cellule chargée d’accueillir les femmes victimes de violence qui lui a conseillé de contacter SOS Annajda. Saïda reconnaît s’être résignée trop longtemps avant de se révolter? «J’étais soumise. J’avais peur pour mes enfants», précise-t-elle. Saïda finit néanmoins par briser la loi du silence et porte son affaire devant la justice.

Source :Eburnienews