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Les femmes et la politique au Niger

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Au Niger, l’intégration des femmes dans les activités politiques de tous les jourscommence à apporter ses fruits car elles sont de moins en moins marginalisées. Elles émergent dans plusieurs sphères de la vie et occupent quelques postes de responsabilité. Les femmes élèvent leurs voix pour exprimer leurs attentes et leurs vœux. Elles participent à la gestion de la collectivité et du pays.

Ainsi, sur le plan politique les femmes sont présentes aux côtés des hommes. Dans les partis politiques, elles sont des militantes de la première heure, généralement ce sont elles qui tiennent bon,face à n’importe quelle situation. A ce niveau, ce qu’il faut déplorer, c’est la place qui leur est attribuée et le traitement peu reluisant dont elles sont victimes dans ces partis. En effet, dans les bureaux politiques les femmes n’occupent généralement que des postes de chargé de mobilisation,des affaires féminines ou affaire culturelle…. Les postes de présidence du parti et autres postes clés sont détenus par les hommes. A ce jour un seul parti est dirigé par une femme au Niger. Et cela est dû au fait qu’elle est la fondatrice de son parti. Il s’agit du Parti nigérien pour le renforcement de la démocratie : PNRD-Al-Fidji de Madame Souna Hadizatou Diallo.

Il est bon de noter qu’en dépit de tous ces faits, les femmes ne désespèrent pas. Elles se battent et portent loin les flambeaux de leurs partis.

Avec l’adoption de la loi sur le quota, un changement significatif s’est opéré dans le pays. De l’élection présidentielle aux législatives en passant par les locales, les femmes ont présenté leurs candidatures. Pour les municipales et les législatives beaucoup d’entre elles se font élireconseillères et députées même si leur nombre est encore inférieur au pourcentage espéré  surtout que les femmes représentent  50,7% de la population nigérienne. Mais qu’est-ce qui explique la situation ?

De prime abord, l’analphabétisme fait partie des freins qui bloquent la femme nigérienne. 80% d’entre elles n’ont pas été à l’école. A cela s’ajoute la pauvreté qui touche plus de 90% d’entre elles. Leurs positions dans les formations politiques et leur manque d’expérience dansla gestion. Mais pour pallier l’analphabétisme depuis des années dans plusieurs villages du pays, des associations, organisations non gouvernementales (ONG), institutions internationales… s’occupent de l’alphabétisation des femmes.

Aussi, pour ne pas freiner la candidature des personnes illettrées, le conseil consultatif (institution de la transition de 2010) a pris des dispositions disant que 25% des dossiers de personnes illettrées peuvent être déposés lors des élections municipales ou législatives. Un des faits qui expliquent cette situation selon les organisations féminines, c’est le non respect de la loi sur le quota. Plusieurs structures féminines ont dénoncé cet état de fait même pendant cette législature (7èmeRépublique). Lors d’une réunion, elles ont  passé en revue la nomination des cadres de commandement intervenue au cours des conseils des ministres. Il en ressort un constat amer fait par ces femmes, à savoir que la loi sur le quota n’a pas été respectée dans ces nominations. A titre illustratif, ces organisations féminines relèvent que seules trois femmes ont été nommées parmi les vingt-quatre postes de Gouverneurs, de secrétaires généraux de gouvernorats et leurs adjoints. Ce qui fait un taux de 12,5%, bien en deçà des 25% prévu par la loi sur les postes nominatifs et électifs. En outre, selon ces organisations, aucune femme ne figure sur la liste des préfets et des douze conseillers à la Présidence avec rang de ministre. Seuls deux  femmes ont été nommées parmi les seize secrétaires généraux adjoints de gouvernorats du Niger ce qui constitue un taux de 12,5%. Pour couronner le tout, ces regroupements de femmes affirment que des plaintes leur sont parvenues concernant l’occupation par les hommes des sièges dévolus aux femmes au niveau des conseils municipaux. Cette situation relève selon cette déclaration d’une mauvaise interprétation et d’une mauvaise application de la loi sur le quota. Les structures féminines signataires de la déclaration appellent le Président de la République et le Premier ministre à faire respecter les dispositions de la Constitution en mettant fin à la discrimination dont sont victimes les femmes malgré leurs compétences.