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Suis- je la prochaine victime ? Se demandent les sud-africaines

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Le meurtre de Karabo Mokoena est perçu comme un symbole de la violence grandissante à l’encontre des femmes en Afrique du Sud. Un cercueil blanc porte les restes de Karabo Mokoena. Ses amis et sa famille se sont réunis pour dire un adieu prématuré à leur bien-aimée.

Elle a été retrouvée morte, brûlée et méconnaissable, enterrée dans une tombe peu profonde dans un champ désert, plusieurs jours après sa disparition. Il a été rapporté que son petit ami Sandile Mantsoe a arrosé son corps d’acide, puis il l’a enflammé après qu’elle l’a menacé de le quitter. M. Mantsoe a été accusé de meurtre et d’entrave à  la justice mais n’a pas plaidé coupable.  Le décès de la jeune fille de 22 ans est le cas le plus récent de meurtre de femme qui  a suscité l’indignation du public. Elle a été enterrée dans le canton de Soweto à Johannesburg.

Violence sexuelle en Afrique du Sud

 

  • 1 femme sur 5 est agressée par son partenaire
  • Plus de 40 000 cas de viol sont signalés chaque année, la plupart des victimes sont des femmes
  • Le meurtre des femmes en Afrique du Sud est 5 fois plus élevé que la moyenne mondiale

Source : Etude du Conseil de recherches médicales 2009; Stats SA Enquête démographique et de santé 2016

 

Adèle Tjale, l’une des milliers de personnes en deuil réunies à l’enterrement de Karabo Mokoena, était visiblement en colère par sa mort. Elle est responsable dans une église fréquentée par la jeune fille  et se présente comme sa «mère spirituelle».

“Je suis furieuse, cela n’est pas normal, trop de filles sont en train de mourir … les pères de cette nation ont échoué dans la protection  de leurs filles”, a-t-elle dit alors que les larmes coulaient sur son visage.

Depuis la mort de Mokoena, les corps de quatre autres femmes ont été retrouvés dans différentes régions du pays – toutes sont mortes de manière tout aussi horrible.

La vague de crimes brutaux a généré beaucoup de commentaires sur les réseaux sociaux. Les femmes ont utilisé le hashtag #MenAreTrash pour partager des histoires de violence domestique.

« Si je ne sautais pas, je mourais »

 

Cela  a mis en lumière une série de récits déchirants d’expériences de  mort imminente. La présente histoire est celle de Bukelwa Moerane. Un soir de février, elle a été enlevée dans une station de taxis de Soweto par un inconnu en rentrant de ses courses. “Un homme s’est approché de moi et m’a dit de monter dans sa voiture et de ne pas essayer de résister ou d’alerter les gens”, a déclaré la jeune femme de 24 ans qui a perdu une partie de ses dents et a été gravement marquée après l’incident. “Il a continué à m’injurier, à me traiter de tous les noms et m’a dit qu’il allait me violer et me tuer. Je savais que je devais trouver un moyen de sortir de cette merde”, a-t-elle dit en crachant nerveusement. Mme Moerane a réussi à sauter de la voiture en marche et à parcourir quelques kilomètres pour demander de l’aide. Aucune arrestation n’a suivi cet incident. “Si je ne sautais pas, je savais que j’allais mourir. J’étais prête à mourir mais il fallait que sauve ma vie”, a-t-elle déclaré en sanglots.

 

Cycle mortel ?

Le Président Jacob Zuma a décrit «la manière dont les femmes et les enfants sont tués» comme une «crise dans le pays». Il a exhorté les victimes de violence sexuelle à ne pas fermer les yeux sur le problème, ajoutant qu’il envisage de proposer des peines plus sévères contre les délinquants sexuels. Malgré les résultats d’une étude de 2009 selon laquelle, trois femmes sont tuées en moyenne par leurs partenaires tous les jours en Afrique du Sud, le taux de condamnation pour de tels cas reste très faible.

Les amis de Karabo Mokoena ne comprennent toujours pas pourquoi elle a été tuée de la manière la plus brutale qu’il soit ? Les parents sud-africains sont inquiets et ne savent plus comment préserver leurs filles de telles atrocités ? Beaucoup de femmes vivent dans la peur et se demandent : “Serai-je la prochaine victime ?”

Par Nomsa Maseko BBC News, Johannesburg

Extraits de BBC.Com/ http://www.bbc.com/news/world-africa-39941143