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Mali : L’or attire les femmes de Kénièba

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L’exploitation traditionnelle de l’or devient aujourd’hui une source de malheur pour les enfants, surtout les jeunes filles dans les sites d’orpaillage du cercle de Kénièba(dans la région de Kayes). Depuis quelques années, des centaines d’adolescents abandonnent les bancs pour travailler dans les mines.

Aujourd’hui nous allons nous consacrer au cas des jeunes filles du cercle de Kénièba.

L’orpaillage est l’un des piliers de l’économie dans la région de Kayes et particulièrement le cercle de Kéniéba. Beaucoup de personnes sont attirées par cette activité : hommes, femmes, jeunes et adultes. Cette situation ne date pas d’aujourd’hui mais le phénomène prend plus d’ampleur ces dernières années. Des jeunes, attirés par le métal précieux, ont abandonné les champs. Le domaine scolaire a également connu un fort taux d’abandon des enfants à cause de l’or.

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Le phénomène revêt différentes formes. Dans certains cas, les filles sont contraintes d’accompagner leur mère dans des placers où il n’existe pas d’école. D’autres, par soucid’amasser de l’argent pour préparer leurs trousseaux de mariage, interrompent volontairement leurs études. Il faut signaler aussi le cas des filles qui gardent les bébéspendant que les mamanssontoccupéesà rechercher de l’or. Les femmes, dont le taux de participation moyen sur les mines maliennes atteint 50 %, assurent le lavage des sédiments.

Aujourd’hui, l’avenir de ces enfants est hypothéqué. Pire, le mariage dans ces zones est devenu difficile. Car, le pouvoir de l’argent prend le dessus sur

les valeurs traditionnelles.

Le nombre de filles sur les différents sites miniers est impressionnant. Même sans statistiques, le simple constat  permet de voir que les sites d’orpaillage sont bondés de filles, alors que leur nombre est pratiquement insignifiant dans les salles de classe.

Ces jeunes filles sont la proie des adultes. Certaines d’entre elles n’hésitent pas à se lancer dans la prostitution. D’autres assurent tirerun véritableprofit de l’orpaillage.

A Sitakili, un village du cercle de Kénièba, une jeune fille de 14 ans que nous avons rencontrée, dit avoir quitté les bancs en classe de sixième année de l’enseignement fondamental pour aider sa mère dans les placers.Le travail de ces femmes et jeunes filles ne se limite pas seulement à laver les sédiments. Elles font remonter le minerai des puits et le font passer dans les machines à broyer. Tous ce que font les hommes, ces femmes et jeunes fillesle font sur ces sites d’orpaillage.

Dans cette partie du Mali, ce sont les femmes qui supportent le gros des dépenses familiales. Elles prennent en charge le mari et les enfants et économisent une partie de l’argent pour les trousseaux de leurs filleslors de leur mariage.Certaines filles remplacent pratiquement leur mère dans le ménage, toute chose qui les oblige à abandonner l’école.

 

Issa BATHILY/Kayes