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Nigeria : Réactions sur la libération des 82 filles de Chibok

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Réagissant aux récentes nouvelles selon lesquelles 82 filles ont été libérées par le Gouvernement nigérian en échange de 5 membres de Boko Haram en détention, le gouverneur de l’État de Borno, Kashim Shettima  a déclaré que la réhabilitation complète des 82 filles devrait être la priorité collective de tous.

Dans un communiqué publié dimanche à Maiduguri, la capitale de l’État après la libération des filles, le gouverneur a demandé aux médias de mettre d’abord la réhabilitation des filles avant leur recherche d’informations.

Le gouverneur Shettima a également déclaré que le gouvernement de l’État de Borno sera toujours engagé pour s’associer au gouvernement fédéral dans le cadre de la réadaptation intégrale et de l’éducation de ces filles.

Selon lui, la libération des filles a renouvelé l’espoir et renforcé la confiance dans l’engagement et la capacité de l’administration Buhari à travailler continuellement pour la libération des autres filles encore en captivité. Tout en félicitant les militaires, membres du groupe de travail mixte multinational pour leurs efforts dans la libération des filles, le Gouverneur a rendu un hommage particulier aux parents des filles qui, selon lui, ont subi un traumatisme inimaginable dans leur vie de tous les jours en allant au lit et en se réveillant sans leurs filles depuis plus de trois ans. Il a exhorté les parents dont les filles ne font pas partie du lot, à maintenir l’espoir de les retrouver en vie et à rester forts dans la prière.

Le gouverneur a remercié les professionnels des médias locaux et internationaux d’être restés mobilisés pour la communauté de Chibok et l’État de Borno.  Grâce aux ferventes prières de tous, les personnes enlevées par les insurgés seront libérées et la lutte contre Boko Haram sera gagnée. Il donne l’assurance que l’État de Borno sera témoin d’une paix et d’une prospérité durables.

Le Président de l’Union des Journalistes du Nigéria (NUJ) a également salué la ténacité et la persévérance du gouvernement fédéral pour la libération des 82 filles de Chibok. Signée par son secrétaire national Shuaibu Usman Leman, la déclaration de NUJ rappelle que la libération initiale de «21 sur plus de 200 filles de Chibok détenues en captivité par Boko Haram ont été enlevées de leur école à Chibok le 14 avril 2014» et le NUJ a exprimé sa compréhension des difficultés dans le processus de négociation. “Malgré les diverses difficultés auxquelles le gouvernement fédéral est confronté dans le processus de ces négociations, le gouvernement est resté résolu et vient de franchir une autre étape “.

En saluant le courage et la franchise de tous les agents de l’État, des gouvernements étrangers et des organismes humanitaires internationaux qui mettent leur vie en jeu pour garantir la libération des filles, l’Union a encouragé le gouvernement à ne pas céder à sa détermination à s’assurer que les autres filles de Chibok et tous les autres les citoyens en captivité soient libérés. L’Union a également fait appel aux responsables de Boko Haram d’entamer le dialogue plutôt que de recourir à des agitations violentes car le Nigéria a besoin de paix maintenant plus que jamais.

Tout en félicitant le gouvernement fédéral, les organisations locales et internationales ainsi que les agences de sécurité pour la libération de 82 filles de Chibok, l’Association des femmes journalistes du Nigeria (NAWOJ), ont appelé le gouvernement fédéral à fournir un soutien médical et psychosocial aux filles qui ont été soumises à des traumatismes incalculables par leurs ravisseurs.

Ifeyinwa Omowole, Président de NAWOJ et Ladi Bala, Secrétaire national NAWOJ dans un communiqué, ont déclaré que la libération des filles de l’école, aux mains de leurs ravisseurs depuis plus de mille dix jours, a été un soulagement pour tous les Nigérians et une démonstration de l’engagement du gouvernement à défendre la dignité et les droits humains fondamentaux des filles.

Le NAWOJ a en outre encouragé le gouvernement fédéral dans ses efforts pour assurer la libération des autres filles et tous les autres captifs. Ils ont également appelé les familles et les communautés des filles à ne pas les stigmatiser, mais à les aider dans le processus de réintégration dans la société.

The Women’sTorch a appris qu’une des filles libérées samedi est revenue avec une jambe amputée. La fille, dont on tait le nom, était parmi les 82 filles prises à Banki, une ville à la frontière avec le Cameroun, à Abuja, où elles ont été emmenées dans une clinique du Département des services de l’État (DSS).

Selon Abba Kyari, Chef d’état-major du Président Muhammadu Buhari, qui a reçu les filles à l’aéroport d’Abuja, deux des filles ont des blessures : «L’une a une blessure à la main et l’autre à la jambe”. Il a ajouté que l’amputation n’avait rien à voir avec l’opération de “sauvetage” qui, selon lui, a été réalisée “professionnellement, sans aucun problème.”

Le directeur des soins médicaux, DSS Clinic, Anne Okoroafor, a rassuré que les filles recevraient des soins médicaux adéquats.

Les 82 filles faisaient partie de plus de 200 étudiantes kidnappées par Boko Haram à l’école secondaire gouvernementale de filles à Chibok le 14 avril 2014. Cinquante-sept filles se sont échappées après l’enlèvement et trois autres ont été retrouvées ou secourues par les militaires. Le 13 octobre 2016, 21 filles ont été libérées après que le gouvernement suisse et le Comité international de la Croix-Rouge ont négocié un accord entre Boko Haram et le gouvernement nigérian.

Le gouvernement nigérian a déclaré en avril qu’il collaborait avec des “entités étrangères” pour négocier la libération des filles restantes.

Veronica Ogbole / Nigeria