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Spécial Mali : The Women’s Torch célèbre les femmes maliennes

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Le 8 mars, Journée Internationale de la Femme, célèbre les femmes du  monde entier. C’est aussi une journée pour réfléchir sur le statut des femmes dans le monde, mesurer les progrès en rapport avec les engagements pris par le monde entier et par nos Etats vis-à-vis des femmes.

Pour  son premier 8 mars, The Women’s Torch, qui n’a que quatre mois d’existence, veut célébrer les femmes du pays d’accueil de notre siège social. En conformité avec le thème de la Journée Internationale de la femme, «Les femmes dans le monde du travail en évolution : la planète 50-50 d’ici à 2030», nous mettons l’accent sur la diversité des femmes maliennes. Celles qui, dans l’anonymat, accomplissent des exploits extraordinaires pour assurer un repas par jour à leurs familles, éduquer leurs enfants ou payer des soins de santé.

Quand on nous dit que le Mali est debout, nous rétorquons qu’il est debout sur les pieds de la femme malienne, comme aiment à le chanter les politiciens.

Les femmes maliennes, de Kayes à Kidal, connaissent les mêmes déboires pour ce qui concerne le monde du travail. Les réalités de leur situation montrent qu’elles sont engagées dans tous les secteurs de l’économie, formel et informel. De nombreuses femmes de bonne volonté, pas nécessairement des maliennes ou des éducatrices, par empathie pour les luttes que mènent les filles et les enfants handicapés du Mali, ont mis en place des associations, des projets d’hébergement et des programmes d’octroi de bourses d’études pour que la jeune fille puisse avoir accès à l’enseignement supérieur et que les enfants handicapés ne manquent pas leur scolarité à cause de la pauvreté, de la distance, etc.

Dans le secteur informel, les femmes accomplissent le même travail que les hommes, mais elles ont la charge supplémentaire de nourrir une famille, de prendre soin d’une personne handicapée et d’accomplir des tâches ménagères. Nous avons le témoignage de mères et de grand-mères travaillant quotidiennement sous le soleil brûlant de Bamako, dans des jardins de maraîchage en périphérie de la ville, au bord des routes avec des victuailles étalées sur de petites tables ou dans les marchés, tout juste pour joindre les deux bouts et nourrir leurs familles.

Nous avons également des femmes engagées avec les forces armées du Mali pour assurer la sécurité des familles et celle de la capitale toute entière.

Les débats et les réflexions vont porter sur une planète 50-50 d’ici 2030. Ce formidable exploit en perspective ne peut être réalisé sans l’implication des hommes. À ce titre, l’édition spéciale mettra également l’accent sur les hommes au pouvoir qui ont montré leur détermination et leur engagement à œuvrer pour l’amélioration de la vie des femmes, pour assurer la sécurité dans le nord du Mali où des centaines de milliers de femmes ont dû fuir. En tant que réfugiées ou déplacées internes, elles essayent tant bien que mal, de recoller les différents morceaux de ce qui reste de leur vie et de celle de leurs enfants.

Nous magnifions ces hommes qui sont porteurs d’initiatives spéciales visant à améliorer les compétences économiques des femmes et à les promouvoir.

Nous nous penchons également sur les politiques visant à répondre à un problème majeur de santé de la reproduction  pour les femmes : la gratuité de la césarienne. Une mesure salutaire pour les femmes qui fréquentent les hôpitaux et maternités publics  dans des situations d’urgence.

Les  récits faits par nos correspondants de la Guinée, du Niger, du Nigéria et de la Gambie, montrent à suffisance que la situation de la femme est la même partout.

Toutes les questions abordées ont un seul thème transversal : l’autonomisation économique des femmes, sans laquelle il serait impossible d’atteindre les objectifs de développement durable adoptés par les dirigeants du monde en 2015, encore moins de placer l’égalité des sexes et l’autonomisation de toutes les femmes et de toutes les filles au cœur de l’agenda pour le développement durable de 2030.

La pauvreté ne peut pas être éradiquée d’ici 2030, l’inégalité ne peut être réduite d’ici 2030, l’égalité entre les sexes ne peut être atteinte d’ici 2030 si les femmes et les filles sont exclues et privées du pouvoir.

L’équipe de The Women’s Torch espère relancer un débat qui va bien au-delà du 8 mars en mettant l’accent sur le Mali. Les thèmes et les enjeux qui sont récurrents en Afrique de l’Ouest montrent que le travail des femmes est encore méconnu et sous-évalué ; un travail effectué de façon intensive pendant au moins 12 heures par jour qui ne peut pas procurer un repas complet quotidien ! Ou des femmes, épouses de militaires tombés dans l’exercice de leurs fonctions, qui vivent dans la pauvreté  malgré une certaine forme de soutien de la hiérarchie militaire.

Grâce à ces débats, nous espérons influencer les décisions de nos dirigeants politiques et administratifs, hommes et femmes, en veillant à ce que les politiques élaborées répondent aux réalités économiques des femmes de toutes les ethnies, races, religions, âges, aptitudes socio-économiques de notre région.

2030 c’est dans treize ans seulement. L’équipe de The Women’s Torch appelle les dirigeants de l’Afrique de l’Ouest à faire en sorte qu’à l’avenir, toutes les politiques élaborées puissent refléter les besoins de toutes les femmes et de toutes les filles dans toutes les sphères. Les politiques devraient également être mises en œuvre, car de nombreuses résolutions en faveur du genre ont été prises mais on constate qu’il y a un grand écart entre leur définition et leur application pratique.

Il est temps d’agir !